Règle 16 du RIPAM
Qu'est-ce qu'un navire qui doit s'écarter ? Règle 16 du RIPAM expliquée
Publié · Dernière vérification octobre 2026
Un navire qui doit s'écarter est celui que le RIPAM oblige à laisser la route à un autre navire lorsqu'il existe un risque d'abordage. La règle 16 précise qu'il doit prendre des mesures tôt et de manière importante pour rester nettement à l'écart. Quel bateau doit s'écarter dépend de la situation : le navire qui dépasse, le voilier qui a le vent par bâbord, le navire à moteur qui croise un autre sur son tribord, ou le bateau placé plus bas dans la hiérarchie de la règle 18.

Ce que dit réellement la règle 16
La règle 16 est courte : tout navire tenu de s'écarter d'un autre doit, autant que possible, prendre des mesures tôt et importantes pour rester nettement à l'écart. Le mot tôt compte autant que important. Un petit changement de cap fait tardivement laisse l'autre skipper dans l'incertitude, et cette incertitude est à l'origine de la plupart des situations de rapprochement dangereux.
Le règlement n'emploie jamais l'expression « droit de passage ». Aucun navire n'a de droit à quoi que ce soit ; l'un a le devoir de s'écarter et l'autre le devoir de maintenir sa route et sa vitesse. Consultez le guide des règles de priorité pour le tableau complet.
Quand êtes-vous le navire qui doit s'écarter ?
- Dépassement (règle 13) : tout navire qui en dépasse un autre s'écarte, quel que soit son type.
- Deux voiliers (règle 12) : le bateau en amure bâbord cède le passage à celui en amure tribord. Sur la même amure, le bateau au vent cède le passage.
- Deux navires à moteur qui se croisent (règle 15) : celui qui a l'autre sur son propre tribord s'écarte.
- Navires à moteur en route opposée (règle 14) : les deux changent de route à tribord, donc le devoir est partagé.
- Types différents (règle 18) : un navire placé plus bas dans la hiérarchie s'écarte de celui qui est plus haut, par exemple un voilier s'écarte d'un navire en train de pêcher.
Bien s'écarter
Une bonne manœuvre d'évitement se voit depuis la passerelle ou le cockpit de l'autre bateau. Sur un voilier, cela signifie en général un changement de cap franc, idéalement de 30 degrés ou plus, afin que votre nouveau cap présente un autre aspect ou un autre feu de côté la nuit.
| Bonne pratique | Mauvaise pratique |
|---|---|
| Changer de cap tôt, alors que vous êtes encore bien séparés | Attendre d'être proche puis faire un virage brusque |
| Faire une seule modification large et nette | Une série de petites retouches de 5 degrés |
| Passer à l'arrière de l'autre navire | Couper la route d'un navire |
| Ralentir ou stopper si nécessaire | Maintenir la vitesse en espérant |
| Vérifier que le relèvement change maintenant | Supposer que le danger est passé |
La règle 8 précise que le changement de route doit être suffisamment important pour être facilement perceptible, et que vous devez éviter de couper la route de l'autre navire lorsque les circonstances le permettent. Réduire la vitesse, voire stopper complètement, est aussi une manœuvre valable.
Vérifier le risque d'abordage
Vous ne devenez le navire qui doit s'écarter que lorsqu'il existe un risque d'abordage. Le test classique est un relèvement compas stable : si le relèvement d'un navire qui approche ne change pas sensiblement alors que la distance diminue, il existe un risque d'abordage. Prenez plusieurs relèvements avec un compas à main, ou alignez l'autre navire sur un élément fixe du bord tout en gardant un cap stable. Avec de grands navires à courte distance, le risque peut exister même lorsque le relèvement change.
Entraînez-vous sur les scénarios de la leçon d'introduction au RIPAM.