Prérequis
Vous devez avoir étudié les leçons précédentes de l'ICC sur la signalisation CEVNI, le balisage des voies navigables intérieures, ainsi que les écluses et les ponts. Vous devez savoir planifier une courte traversée côtière et manœuvrer une petite vedette à faible vitesse. Pour barrer votre propre bateau ou un bateau loué sur la plupart des voies navigables intérieures européennes, il vous faudra un ICC avec la mention CEVNI (navigation intérieure), ou un permis national accepté par le pays. Les bateaux de location sur certains canaux français, irlandais et allemands peuvent être pris sans permis après un briefing, mais cette dispense ne s'applique qu'au bateau de location, et non à votre propre bateau.
Objectifs d'apprentissage
À la fin de cette leçon, vous devez être capable de :
- Expliquer quels documents et quels permis un skipper et un bateau doivent posséder sur les eaux intérieures européennes, et la place de l'ICC dans ce dispositif.
- Décrire les principales règles nationales de la France, des Pays-Bas, de l'Allemagne et de la Belgique, ainsi que le caractère particulier du Danube.
- Comprendre les limitations de vitesse intérieures, exprimées en km/h, et pourquoi le batillage compte.
- Planifier une croisière fluviale : itinéraire, écluses, tirant d'air, tirant d'eau, chômages et carburant.
- Amarrer en sécurité et dans le respect de la réglementation sur les fleuves et les canaux.
- Trouver les sources officielles actuelles de chaque pays, car les règles changent souvent.
L'ICC et la mention CEVNI
Le certificat international de compétence est délivré en application de la résolution 40 de la CEE-ONU. Au Royaume-Uni, il est délivré par la RYA. Chaque certificat indique les catégories qu'il couvre : côtière ou intérieure, à moteur ou à voile, et la limite de taille. Pour un usage intérieur, il doit porter la catégorie intérieure, qui exige une évaluation pratique sur les eaux intérieures ou un équivalent accepté, et la mention CEVNI, obtenue en réussissant l'épreuve écrite CEVNI. La brochure RYA G17, European Waterways Regulations, est le manuel de référence.
Tous les pays n'ont pas adopté la résolution 40, et ceux qui l'ont adoptée peuvent décider de la façon dont ils l'appliquent. D'une manière générale, la France, les Pays-Bas, l'Allemagne, la Belgique et les pays riverains du Danube acceptent l'ICC pour les plaisanciers étrangers, mais les conditions diffèrent et évoluent. Avant de partir, vérifiez la situation actuelle auprès de la RYA (qui publie des recommandations pays par pays) et de l'autorité nationale.
Documents à bord
- ICC (intérieur, avec mention CEVNI), ou un permis national accepté.
- Preuve de propriété ou contrat de location (pour les bateaux britanniques, le Small Ships Register ou le certificat d'immatriculation de la partie 1).
- Certificat d'assurance, valable pour les pays et les voies navigables que vous utiliserez, souvent accompagné d'une traduction dans la langue locale.
- Licence radio de navire et certificat d'opérateur (SRC) si vous avez une VHF ; sur de nombreuses voies navigables, un numéro ATIS intérieur (voir ci-dessous).
- Reçus de péage ou de permis lorsqu'ils sont exigés (par exemple la vignette française).
- Un exemplaire de la réglementation nationale : sur certaines voies navigables, il est obligatoire de l'avoir à bord (par exemple le RGPNI et le RPP local en France, ou le BPR aux Pays-Bas pour les bateaux plus grands).
- Passeports et, pour les équipages non européens, le visa adéquat ou les tampons d'entrée ; les limites de l'espace Schengen s'appliquent aux ressortissants britanniques.
La VHF sur les voies navigables intérieures
En Europe, la VHF intérieure suit l'arrangement régional sur le service radiotéléphonique sur les voies navigables intérieures (RAINWAT), qui impose de programmer un identifiant ATIS dans l'appareil ; l'appareil l'émet automatiquement chaque fois que vous appuyez sur le bouton d'émission. Un appareil DSC maritime normal utilisé en mode côtier n'est pas conforme à l'ATIS. La plupart des pays n'exigent pas que les bateaux de plaisance aient une VHF, mais si vous en avez une et que vous l'utilisez à l'intérieur, elle doit être conforme à l'ATIS et vous avez besoin d'un certificat d'opérateur. Les canaux intérieurs comprennent le canal de communication navire-navire (généralement le canal 10) et les canaux d'information nautique pour les écluses et les ponts, indiqués sur des panneaux au bord de l'eau ; le canal 16 n'est pas le canal de travail intérieur. Consultez le guide national.
France
La France possède le plus grand réseau de voies navigables d'Europe, environ 8 500 km, principalement gérés par Voies Navigables de France (VNF).
Permis
- Un permis est nécessaire pour un bateau dont le moteur dépasse 6 ch (4,5 kW).
- Le « permis plaisance option eaux intérieures » français est le permis national ; les plaisanciers étrangers peuvent utiliser un ICC de catégorie intérieure avec la mention CEVNI.
- Les bateaux de location sur la plupart des canaux peuvent être pris sans permis après un briefing de la société de location. Il ne s'agit que d'une dispense pour les bateaux de location.
Le péage VNF (vignette)
Tout bateau empruntant les voies VNF doit afficher une vignette (autocollant de péage) valide s'il mesure 5 m ou plus, ou s'il a un moteur de 9,9 ch ou plus. Vous l'achetez en ligne auprès de VNF. Elle existe en plusieurs durées : annuelle, une période « loisirs » de 30 jours, une option vacances de 16 jours, et une journée. Le prix dépend de la surface du bateau (longueur multipliée par largeur). Les bateaux de location l'incluent normalement. Vérifiez les catégories et les tarifs actuels sur vnf.fr, car ils changent.
Règles : RGPNI et RPP
Les règles de navigation françaises sont le Règlement Général de Police de la Navigation Intérieure (RGPNI), souvent appelé « Code fluvial ». Chaque voie navigable dispose aussi d'un Règlement Particulier de Police (RPP), qui fixe les limitations de vitesse locales, les règles d'amarrage, les horaires d'ouverture et les exigences particulières. Vous pouvez être tenu d'avoir les deux à bord sur certaines voies navigables, par exemple la Seine. Paris applique des règles particulièrement strictes : limitations de vitesse serrées, VHF obligatoire pour certains bateaux de plaisance à Paris et dans le Val-de-Marne en vertu du RPP Seine-Yonne à partir d'octobre 2025, et zones fermées aux bateaux de plaisance. Vérifiez toujours le RPP en vigueur avant d'entrer.
Vitesses
Les limitations de vitesse en France sont exprimées en km/h et indiquées sur des panneaux (CEVNI B6). Sur les petits canaux comme le canal du Midi, les valeurs typiques sont de 8 km/h, réduites à environ 3 km/h à proximité des écluses, des amarrages et des ponts, ainsi que lorsque l'on croise d'autres bateaux. Les grands fleuves autorisent davantage, mais il faut toujours passer à très faible vitesse à côté des bateaux amarrés pour limiter le batillage. Les valeurs varient selon les voies navigables : c'est le RPP qui fait autorité.
Chômages
VNF ferme des sections de voie navigable pour l'entretien, généralement en hiver, et publie des avis à la batellerie annonçant les fermetures, les limites de tirant d'eau en cas de basses eaux et les changements d'horaires des écluses. Ils sont publiés sur vnf.fr. Consultez-les lors de la préparation et à nouveau en cours de route. Un canal à sec à cause de la sécheresse peut vous immobiliser.
Horaires des écluses
La plupart des écluses françaises ne fonctionnent que de jour, généralement de 9 h à 19 h en été, avec une pause déjeuner pour de nombreuses écluses tenues ; beaucoup sont fermées certains jours fériés. Prévoyez d'arriver à votre point d'amarrage pour la nuit avec une marge de temps.
Pays-Bas
Les Pays-Bas comptent environ 6 000 km de voies navigables, avec un trafic commercial intense et une grande flotte de plaisance.
Permis (vaarbewijs)
- Un vaarbewijs (permis néerlandais) est exigé pour les bateaux de 15 m ou plus, ou pour tout bateau à moteur capable de dépasser 20 km/h. Le vaarbewijs I couvre la plupart des voies navigables ; le vaarbewijs II ajoute les grands fleuves et les principaux lacs, comme l'IJsselmeer, la Waddenzee et les eaux de la Zélande.
- Les plaisanciers étrangers peuvent utiliser un ICC de catégorie intérieure avec la mention CEVNI, ou un permis national accepté.
- Les bateaux de moins de 15 m et de moins de 20 km/h n'ont pas besoin de permis, mais le skipper doit tout de même connaître et respecter les règles (des âges minimaux s'appliquent à certaines embarcations).
Règles : BPR
La réglementation néerlandaise est le Binnenvaartpolitiereglement (BPR). Les grands fleuves comme le Rhin et le Waal suivent à la place le Règlement de police du Rhin (RPR). Le chapitre 6 du BPR couvre les règles applicables aux bateaux en route. Points clés pour les petites embarcations :
- Les petites embarcations (moins de 20 m) doivent laisser le passage aux grands bâtiments et ne doivent pas les gêner.
- Les petites embarcations doivent, autant que possible, rester sur le côté tribord du chenal, et se tenir à l'écart du trafic commercial.
- Les petites embarcations à voile doivent laisser le passage aux bateaux à moteur qui ne sont pas de petites embarcations. Entre petites embarcations, le moteur cède le passage à la voile, et la voile suit les règles normales.
- Certaines voies navigables ont une limitation de vitesse ; sur d'autres, il n'y a pas de limite générale, mais vous êtes responsable de votre batillage.
- Ayez un exemplaire du BPR si votre bateau mesure plus de 15 m ou peut dépasser 20 km/h.
- Sur les voies très fréquentées, un réflecteur radar est recommandé, et sur les grands fleuves vous devez écouter le canal VHF local si vous avez une VHF.
Ponts et écluses
Les Pays-Bas comptent des milliers de ponts mobiles. Beaucoup ne s'ouvrent qu'à des heures déterminées, ou en convoi (« blokken ») sur les itinéraires très fréquentés, et certains perçoivent une petite redevance. L'ANWB Wateralmanak (Almanak voor Watertoerisme) répertorie les horaires d'ouverture, les canaux VHF et les tarifs, et c'est la référence habituelle. Les ouvertures et fermetures horaires aux heures de pointe sont courantes sur les ponts qui portent des routes ou des voies ferrées.
Amarrage
N'amarrez que là où c'est autorisé (panneaux bleus avec un « P » blanc ou un symbole de bateau). Les amarrages gratuits de 72 heures sont courants à la campagne. Les marinas et les amarrages en ville font payer à la mètre et par nuit, et le paiement se fait aujourd'hui souvent par application.
Allemagne
L'Allemagne compte environ 7 300 km de voies navigables fédérales.
Permis
- Sur les voies navigables intérieures fédérales, un permis (Sportbootführerschein Binnen) est nécessaire pour les bateaux à moteur de plus de 15 ch (11,03 kW), et pour tout bateau de 20 m ou plus.
- Sur le Rhin, le seuil est plus bas : plus de 5 ch (3,68 kW).
- Les voiliers au-delà d'un certain seuil de taille, ainsi que certains lacs, ont leurs propres règles (par exemple le lac de Constance, le Bodensee, qui nécessite son propre permis).
- Les plaisanciers étrangers peuvent généralement utiliser l'ICC de catégorie intérieure avec la mention CEVNI, ou leur permis national, mais vérifiez les consignes en vigueur.
- Un système de « certificat de location » permet la location sans permis sur certaines voies navigables, comme les lacs du Mecklembourg et certaines parties du Brandebourg, après un bref briefing.
Règles
Le Binnenschifffahrtsstraßen-Ordnung (BinSchStrO) s'applique sur les voies navigables fédérales allemandes, sauf sur le Rhin (RPR), la Moselle et le Danube qui ont leurs propres règles. Il suit de près le CEVNI. Les paragraphes 6.28 à 6.29a régissent le passage des écluses : entrée et sortie selon les signaux, et ordre de passage dans l'écluse. Les règlements allemands de location exigent souvent que l'on porte un gilet de sauvetage pendant le passage en écluse.
Vitesses
Les limitations de vitesse sur les canaux sont généralement comprises entre 6 et 12 km/h ; sur les fleuves, elles varient, et certains fleuves n'ont aucune limite pour les petites embarcations sauf à proximité des écluses et des ports. Les panneaux indiquent la limite.
Belgique
La Belgique compte environ 1 500 km de voies navigables, réparties entre la Flandre (De Vlaamse Waterweg) et la Wallonie (Service Public de Wallonie, SPW).
- Un permis (en Flandre, le « Beperkt » ou le « Algemeen Stuurbrevet ») est exigé pour les bateaux de plus de 15 m ou capables de dépasser 20 km/h.
- Les plaisanciers étrangers peuvent utiliser l'ICC avec la mention CEVNI, ou un permis national accepté.
- En Flandre, une autorisation de navigation (vaarvergunning) gratuite ou peu coûteuse est exigée pour tous les bateaux de plaisance ; inscrivez-vous en ligne auprès de De Vlaamse Waterweg. La Wallonie a son propre système d'autorisation ; vérifiez auprès du SPW l'exigence en vigueur.
- Les écluses et les ponts levants fonctionnent à des horaires fixes ; les grands axes commerciaux, comme le canal Albert, sont à éviter de préférence avec un petit bateau, ou à parcourir avec prudence.
- Les règles suivent le règlement général de police belge, fondé sur le CEVNI.
Les règles belges changent souvent, et les deux régions diffèrent. Consultez De Vlaamse Waterweg et le SPW Mobilité et Infrastructures avant de partir.
Le Danube
Le Danube coule sur environ 2 850 km, de l'Allemagne à la mer Noire, à travers dix pays : Allemagne, Autriche, Slovaquie, Hongrie, Croatie, Serbie, Roumanie, Bulgarie, Moldavie et Ukraine. Les bornes kilométriques se comptent à partir de la mer Noire vers l'amont, de sorte que le km 0 est le delta et que les numéros augmentent à mesure que l'on remonte le fleuve.
- Les Dispositions de base de la Commission du Danube s'appliquent, ainsi que la réglementation nationale de chaque pays, qui diffère dans le détail. L'Autriche et l'Allemagne ont des règles strictes ; la Serbie, la Roumanie et la Bulgarie exigent des formalités douanières et frontalières à chaque frontière.
- Le courant est fort par endroits, jusqu'à 10 km/h, avec de gros convois poussés et d'énormes écluses comme les Portes de Fer.
- De nombreux pays exigent un ICC avec la mention CEVNI, ou un permis national ; certains exigent aussi une VHF ATIS et une liste d'équipage.
- Les pays non membres de l'UE (Serbie, Moldavie, Ukraine) entraînent des changements en matière de douane, d'immigration et éventuellement d'assurance. La situation en Ukraine affecte le cours inférieur du fleuve : vérifiez avant de planifier tout passage dans cette zone.
Planifier une croisière fluviale
Dimensions du bateau
Connaissez-les exactement :
- Longueur et largeur : les écluses ont des limites de taille. Les écluses Freycinet françaises mesurent 38,5 m sur 5,05 m.
- Tirant d'eau : les petits canaux français ne garantissent parfois que 1,2 à 1,6 m, et les basses eaux peuvent le réduire davantage.
- Tirant d'air : les ponts de certains canaux français n'offrent que 3,5 m, et moins sur les côtés des ponts en arche. De nombreux voiliers démâtent à la côte et transportent leur mât sur le pont.
Itinéraires et guides
Utilisez un guide des voies navigables et une carte pour l'itinéraire : les guides Fluviacarte ou Breil pour la France, l'ANWB Wateralmanak et les waterkaarten pour les Pays-Bas, et les cartes hydrographiques ou des voies navigables nationales en Allemagne. La RYA et les associations de croisière fluviale publient des guides d'itinéraires et des informations à jour.
Temps et distance
Les vitesses intérieures sont faibles : une journée type sur un canal peut représenter 25 à 40 km et 10 à 15 écluses. Planifiez en tenant compte de :
- Les horaires des écluses et les pauses déjeuner.
- Les chômages et les avis aux navigateurs.
- Le courant sur les fleuves : en remontant un courant de 4 km/h à 10 km/h dans l'eau, vous ne faites que 6 km/h par rapport au fond.
- Le carburant : le gazole peut être rare sur les petits canaux. Prévoyez des arrêts pour le carburant, et gardez au moins un tiers en réserve.
- L'eau et les stations de pompage des eaux usées.
Exemple travaillé : planifier une journée sur un fleuve
Vous prévoyez 48 km à remonter sur un fleuve avec un courant de 3 km/h. La vitesse de confort de votre bateau dans l'eau est de 12 km/h, et le fleuve a une limite de 12 km/h.
- Vitesse par rapport au fond : 12 moins 3 = 9 km/h.
- Temps de route : 48 divisé par 9 = environ 5 heures 20 minutes.
- Quatre écluses à environ 30 minutes chacune, attente comprise : 2 heures.
- Total : environ 7 heures 20 minutes. Si les écluses ferment à 19 h, vous devez partir au plus tard vers 11 h ; visez 9 h pour garder une marge.
- Retour en aval : 12 plus 3 = 15 km/h, soit environ 3 heures 15 minutes plus le temps des écluses.
Amarrage sur les fleuves et les canaux
- N'amarrez que là où c'est autorisé. Repérez les panneaux d'amarrage (bleus avec un « P » blanc ou un bateau), et vérifiez les interdictions (CEVNI A5, interdiction de stationner).
- Ne jamais amarrer à l'approche des écluses, sous les ponts, près des barrages, aux postes de carburant, ni à l'extérieur des courbes où les péniches ont besoin de place.
- Sur les fleuves, amarrez face à l'amont, dans le courant, pour garder le contrôle.
- Prévoyez le batillage : les péniches qui passent peuvent faire tanguer les bateaux amarrés. Utilisez des springs, laissez du mou pour les variations de niveau, et gardez les défenses à l'eau.
- Sur les canaux aux berges en pente, utilisez des piquets d'amarrage enfoncés dans la berge, inclinés à l'opposé du bateau, et balisez-les pour que les promeneurs ne trébuchent pas. Vérifiez-les souvent.
- Sur les fleuves où les niveaux varient, laissez suffisamment de mou dans les amarres ou utilisez un ponton flottant.
- De nombreuses villes proposent des amarrages gratuits ou bon marché avec eau et électricité ; vérifiez les règles locales et les durées limites.
Vitesse et batillage
Le batillage endommage les berges, les bateaux amarrés et les biens d'autrui, et sur de nombreuses voies navigables vous en êtes juridiquement responsable. Les limitations de vitesse intérieures sont généralement exprimées en km/h. Équivalences approximatives : 6 km/h correspondent à environ 3,2 nœuds, 8 km/h à environ 4,3 nœuds, 12 km/h à environ 6,5 nœuds. Une règle utile : si votre batillage se brise sur la berge, vous allez trop vite. Ralentissez encore en croisant des bateaux amarrés, des pêcheurs, des canoéistes et des chantiers.
Erreurs courantes
- Supposer qu'une seule règle vaut pour tous les pays. Les seuils de permis, les péages et les limitations de vitesse diffèrent. Vérifiez chaque pays.
- Oublier la vignette française. Les contrôles VNF sont fréquents, et les amendes sont élevées.
- Ignorer les chômages. Une écluse fermée peut ajouter plusieurs jours à votre itinéraire.
- Utiliser une VHF côtière à l'intérieur. Un usage intérieur exige un appareil programmé en ATIS.
- Sous-estimer le tirant d'air. Mesurez-le, et incluez tout ce qui se trouve sur le toit.
- Manquer de carburant. Les petits canaux disposent de peu de stations-service.
- Amarrer au mauvais endroit. Les abords des écluses et les zones de ponts ne sont pas faits pour l'amarrage.
- Considérer la dispense de location comme un permis. Elle ne couvre que ce bateau de location.
Résumé
- Pour les voies navigables intérieures, il faut un ICC avec la catégorie intérieure et la mention CEVNI, ou un permis national accepté.
- France : voies VNF, vignette pour les bateaux de 5 m ou plus ou de 9,9 ch ou plus, RGPNI plus RPP local, limites d'environ 8 km/h sur les petits canaux, chômages dans les avis à la batellerie.
- Pays-Bas : BPR (RPR sur les grands fleuves), permis pour 15 m ou plus ou plus de 20 km/h ; les petites embarcations se tiennent à l'écart des grands bâtiments.
- Allemagne : BinSchStrO, permis au-delà de 15 ch (Rhin au-delà de 5 ch).
- Belgique : la Flandre et la Wallonie diffèrent, autorisations de navigation exigées.
- Danube : nombreux pays et frontières, courant fort, kilomètres comptés vers l'amont à partir de la mer.
- Planifiez en fonction des écluses, des horaires, du courant, des dimensions, du carburant et des chômages. Consultez toujours les sources nationales actuelles.
Vérifiez votre compréhension
- Quelles deux choses un ICC doit-il comporter pour être valable sur les voies navigables intérieures ?
Réponse : La catégorie intérieure, et la mention CEVNI.
- Quels bateaux ont besoin d'une vignette VNF en France ?
Réponse : Les bateaux de 5 m ou plus, ou dont le moteur est de 9,9 ch ou plus, qui empruntent les voies VNF.
- Qu'est-ce que le RPP, et pourquoi devez-vous le consulter ?
Réponse : Le Règlement Particulier de Police : la réglementation locale d'une voie navigable française donnée, qui fixe les limitations de vitesse, les règles d'amarrage et les exigences particulières.
- Aux Pays-Bas, quand faut-il un vaarbewijs ?
Réponse : Pour un bateau de 15 m ou plus, ou un bateau à moteur capable de dépasser 20 km/h.
- Quel est le seuil de permis pour les bateaux à moteur sur les voies navigables fédérales allemandes, et sur le Rhin ?
Réponse : Plus de 15 ch (11,03 kW) sur les voies fédérales ; plus de 5 ch (3,68 kW) sur le Rhin.
- Votre bateau fait 10 km/h dans l'eau face à un courant de 4 km/h. Quelle est votre vitesse par rapport au fond, et combien de temps mettront 30 km ?
Réponse : 6 km/h par rapport au fond ; 30 km prennent 5 heures, auxquelles il faut ajouter le temps des écluses.
- Pourquoi faut-il amarrer face à l'amont sur un fleuve ?
Réponse : Le courant passe le long de la coque de l'étrave vers la poupe, ce qui donne du contrôle à l'arrivée et au départ, et le bateau reste plus stable.
- Pourquoi ne pouvez-vous pas utiliser une VHF côtière ordinaire sur les eaux intérieures ?
Réponse : La VHF intérieure exige un identifiant ATIS, transmis automatiquement à chaque émission ; les appareils DSC côtiers ne sont pas conformes à l'ATIS.